La Genèse du Prix
C’est après avoir écrit et publié Andrée Viollis, l’aventure du grand reportage, que Dorothée Lépine, écrivaine et journaliste et Sandrine Treiner, éditrice ont décidé de créer un prix Andrée Viollis.
Le projet a été présenté à ses descendants, qui l’ont joyeusement approuvé et l’accompagnent activement. Ensuite les deux co-fondatrices ont rassemblé de grands noms mobilisés comme elles pour faire connaître l’oeuvre de Viollis et porter les valeurs du grand reportage. Journalistes, écrivains, documentaristes ou intellectuels, ils constituent aujourd’hui le jury du prix (voir Le Jury).
À une époque où le journalisme de terrain était quasi exclusivement masculin, Andrée Viollis s'est imposée comme l'une des plumes les plus courageuses et les plus lues de l'Entre-deux-guerres. En cinquante ans de carrière, Andrée Viollis a tout vu, tout couvert - d'une guerre mondiale à l'autre, de la guerre civile en Irlande à celle d'Espagne, en passant par la montée du fascisme et les injustices coloniales en Indochine. Malgré l'importance de son œuvre, elle reste méconnue du grand public. Le prix qui porte son nom ambitionne de réparer cet oubli, en inscrivant son nom dans le paysage du journalisme français contemporain, aux côtés de ceux d’Albert Londres ou de Joseph Kessel.
Alors que dans notre espace public, le commentaire et l’opinion ont largement pris le pas sur l’enquête et le reportage, nous avons voulu, à travers l’exemplarité de l’œuvre d’Andrée Viollis, contribuer à la mise en valeur du travail difficile et souvent dangereux des grands reporters, femmes et hommes.
Le talent n’ayant pas d’âge et l’expérience, pas de prix, nous avons choisi d’ouvrir les candidatures aux plus de 40 ans. Fidèles à l’esprit de transmission d’Andrée Viollis, nous avons souhaité donner aux nouvelles générations de futurs reporters, la responsabilité de la pré-sélection. Les étudiants des écoles de la Conférence des écoles de journalisme (CEJ) regroupant les 16 écoles reconnues par la profession constitueront ce premier jury.